La politique nationale genre
Emancipation de la femme, promotion de la femme, égalité entre l’homme et la femme, intégration de la femme au développement, renforcement du rôle de la femme dans le développement, genre, sont des termes pour valoriser le rôle de la femme. Ces concepts ne se sont pas développés de façon chronologique. Ils se sont développés parfois concomitamment et se sont les circonstances ou des facteurs de démultiplication qui ont fait le reste.
Biographie du Secrétaire Permanent
Economiste
planificateur, Monsieur KORBEOGO Ousmane
est titulaire d'un diplôme de Master II en
management des projets. Avant sa nomination au
poste de Secrétaire Permanent du Conseil
National pour la Promotion du Genre, il fut
Directeur des Etudes et de la Planification du
Ministère de la Promotion de la Femme. Cadre
averti, il a une parfaite connaissance de
l'environnement socio-culturel, politique,
économique et institutionnel Burkinabè.
Disposant d'une expérience avérée dans le
domaine du genre et de la promotion de la femme,
il a des compétences dans la formulation de
projets et de programmes de développement, le
management stratégique des organisations.
Evolutions des politiques à l’endroit des femmes
Période
1950-1970 : assistance, bien-être familial ;
Période
1970 aux années 1980 : intégration des femmes au
développement ; Femme et Développement
1970-1985 :
quête de l’égalité »
1975
– années 1980 : anti-pauvreté
Années
1980 : efficacité
Période
à partir de 1985 : Genre et Développement,
Empowerment
Détecter
les possibilités de transformation des
rapports de genre et de catalyser ces
transformations ;
Réduire
l’écart en ce qui concerne l’accès
inégal aux ressources et leur contrôle
pour un développement équitable, durable
et participatif.
En ce sens, l’approche Genre et développement œuvre pour :
L’égale
participation des femmes et des hommes
au développement, à la prise de
décision ;
L’égale
implication sociale afin d’atteindre un
développement juste entre les femmes et
les hommes, entre les groupes sociaux,
les races, etc.
La
prise de conscience des particularités,
des similitudes et des disparités qui
existent entre les hommes et les
femmes ;
L’analyse
de leurs relations complexes et
dynamiques comme variable importante
dans le développement.
Acquis de la prise en compte de l’approche genre
Une
meilleure santé : dans une société plus
égalitaire, les hommes abandonnent les
conduites nuisibles qui attentent à leur
santé et à leur espérance de vie ;
Une
meilleure harmonie dans la famille :
l’amour, le respect, la confiance, la
compréhension mutuelle qui sont le socle
des relations familiales se développent
au détriment des violences et de la
peur ;
De
meilleures relations avec les enfants :
le temps consacré à l’éducation des
enfants est plus long. Alors, il se crée
des contacts plus féconds entre le père
et les enfants ;
Une
amélioration de l’économie et de la
santé : les revenus dépensés dans les
futilités extra-familiales sont
réorientés vers le bien-être général de
la famille, ce qui se ressent sur
l’ensemble de la société qui vit en
harmonie.
1. Différence entre sexe » et « genre » Les êtres humains sont sexués : mâles ou femelles, homme ou femme
Le sexe est un état biologique et anatomique, inné, universel
Le Genre est un concept social, une construction sociale. Il est utilisé pour reconnaître que les rôles des femmes et des hommes et les relations qui existent entre eux sont prescrits par la société, déterminés par le contexte social, politique, économique et non par l’aspect biologique seulement. Etant donné que ces rôles ont été appris, ils peuvent changer ou être changés avec le temps.
Genre n’est pas femme seulement. Le genre se rapporte à toutes les catégories sociales : aux hommes, aux femmes et prend en compte d’autres paramètres tels que l’âge, l’activité, l’ethnie, personnes âgées, handicapées, etc. )
Le constat est que les hommes et les femmes entretiennent des relations déséquilibrées dans le processus de développement, en politique et dans l’organisation sociale.
2. L’approche Genre et développement
2.1. Le développement : Est un processus global, économique, social, culturel et politique qui vise à améliorer sans cesse le bien-être de l’ensemble de la population et de tous les individus sur la base de leur participation active, libre et significative au développement et au partage équitable des bienfaits qui en découlent.
2.2. L’approche genre: Une philosophie du développement qui vise à promouvoir le développement du pouvoir des femmes et des hommes, des pauvres en les aidant à accroître leur capacité, leur accès aux ressources, aux pouvoirs politiques nécessaire pour atteindre et maintenir un niveau de vie satisfaisant.
L’approche Genre et développement est une « nouvelle approche » utilisée par les organisations non gouvernementales depuis un certain nombre d’années mais qui est dans le vocabulaire onusien depuis les années 1990. Elle a été consacrée par la conférence internationale sur « Population et Développement » tenue au Caire en 1994 et la IVème conférence mondiale sur les femmes à Beijing (Pékin) en septembre 1995.
L’approche Genre engendre une meilleure connaissance des relations, des conflits et des dépendances entre les différents groupes, ce qui permet d’engager des actions favorisant un développement plus équilibré entre hommes et femmes.
L’approche genre vise un développement durable, équitable et participatif
Equité renvoie à la notion de justice et veut qu’il soit accordé à chaque groupe social la chance de bénéficier des fruits des actions, ce en fonction de sa spécificité et de ses besoins.
Exemple : A diplôme égal, salaire égal
Egalité se réfère au droit : droit à la vie, à l’éducation, droit à la santé, etc.
Participation est l’implication effective de tous les acteurs à toutes les étapes du processus de leur projet/programme de développement : conception, élaboration
Participation est l’implication effective de tous les acteurs à toutes les étapes du processus de leur projet/programme de développement : conception, élaboration, planification, exécution, suivi et évaluation.
C’est leur responsabilisation dans les activités.
2.2.1. Caractéristiques de l’approche Genre: C’est une approche relationnelle qui met l’accent sur les rapports hommes/femmes dans divers domaines (politique, économique, social) et sur le fait que ces rapports sont guidés par des idées et des pratiques construites socialement. Elle met l’accent sur l’aspect éducatif de la société.
C’est une approche globale qui met l’accent sur l’ensemble de l’organisation sociale (sphères domestique, économique, sociale et politique) et toutes les composantes de la société ;
L’approche Genre et développement fait la distinction entre les trois (3) rôles principaux de la femme :
Le rôle de la reproduction de l’espèce et de la société ; Le rôle de la production des biens et services ; Le rôle de responsabilité communautaire. C’est une approche qui examine la division sexuelle du travail au niveau de la famille et dans le domaine public afin d’en déterminer les avantages, la valorisation qui s’en suit pour chacun des genres et de rechercher des facteurs de changement.
Elle définit le développement comme ne se limitant pas à l’aspect économique, mais conçu comme un processus complexe impliquant les autres domaines (social, culture, politique.)
L’approche genre vise un changement de mentalité en vue de réduire les inégalités entre les différents groupes de la société et de satisfaire les besoins spécifiques de chaque groupe tout en prenant en compte les intérêts stratégiques. En effet, elle fait la distinction entre les besoins pratiques et les intérêts stratégiques :
Les besoins pratiques tendent à augmenter les revenus, alléger les tâches, améliorer la santé, etc. Ils contribuent à l’amélioration des conditions matérielles de l’individu. Ils peuvent être satisfaits à court terme ;
Les intérêts stratégiques sont susceptibles de faire acquérir aux femmes leur autonomie, politique ou autre, la capacité de négocier en égale avec les hommes, la possibilité d’être impliquée dans toutes les prises de décision au sein de leur communauté. En un mot, les besoins susceptibles de faire acquérir le pouvoir, améliorer la position ou situation sociale, culturelle, économique, politique des hommes et des femmes (statut.) Les intérêts stratégiques sont à moyen ou long termes.
Le pouvoir avec est utilisé en genre,
Le pouvoir pour et par se réfère à la notion de démocratie.
Le pouvoir sur soi-même ou pouvoir intérieur qui signifie la capacité à se dépasser grâce à des aptitudes à résoudre par exemple les problèmes, les conflits.
L’approche genre et développement se distingue des différentes politiques d’implication des femmes évoquées plus haut telles que :
L’approche « amélioration des conditions », mauvaises santé, nutrition, de travail et vise donc à améliorer celles-ci ;
L’approche « efficace » qui part du principe que les femmes n’interviennent pas de façon aussi efficace qu’elles ne doivent dans le développement et vise à améliorer par conséquent leur rendement productif ;
L’approche « anti-pauvreté » ou acquisition de pouvoir qui part du principe que l’égalité des chances, l’autonomie ne peuvent être octroyées, mais doivent être « gagnées »
L’approche Genre et développement est née à partir des expériences des femmes du Tiers monde ; suivants les efforts visant à les intégrer dans le processus de développement traditionnel, et des efforts croissants des femmes du Nord et du Sud désireuses de proposer une autre analyse et de nouveaux moyens d’actions visant à créer un autre modèle de développement plus global qui dépasse l’analyse strictement économique pour intégrer dans sa définition du développement l’environnement, la viabilité et la qualité.
Généralités Partout dans le monde, les femmes en tant que groupe, jouissent de moins de bénéfices que les hommes et ont des journées de travail plus longues. Leur travail et leurs opinions sont dépréciés.
Dans plusieurs pays, les femmes gagnent moins que les hommes, ne peuvent posséder des terres, font face à de nombreux obstacles si elles occupent des postes d’autorité et sont souvent menacées de violences simplement parce qu’elles sont femmes. Un des points de départ de l’analyse genre et développement est la reconnaissance de la subordination des femmes.
Selon les Nations unies Les femmes accomplissent 67% des heures de travail dans le monde ; Les femmes gagnent 10% du revenu mondial ; Les femmes possèdent moins de 1% de la propriété du monde. La subordination des femmes a été encore accentuée par les impacts négatifs de certaines initiatives sur elles. Ainsi leur charge de travail a augmenté, l’accès aux ressources, aux revenus et emplois a diminué, leur situation relative et même absolue au plan de la santé et de l’éducation s’est détériorée et ceci durant la décennie des Nations unies pour les femmes.
C’est ainsi que ces projets qui devraient améliorer la situation des femmes ont-elles raté des chances de développement.
On conclut que les femmes étaient invisibles dans le processus de développement. La contribution des femmes n’apparaissait pas dans les stratégies nationales, elles étaient également absentes des étapes de planification et de prise de décision dans les organismes bailleurs de fonds, au sein des ONG, à l’échelon national, communautaire et souvent, au sein de la famille.
